Le tout début du film — une évasion, un malfrat, des flics, les toits de Paris la nuit et du jazz — est parfait. La suite continuera de composer une certaine mythologie de Paris : night-clubs, danseuses sexy, flics pas nets, Pigalle. Le film rappelle d'autres polars français des années 50, dont deux sont déjà des adaptations du Breton : Razzia sur la chnouf et Du rififi chez les hommes, ainsi que Bob le flambeur. C'est l'un des premiers rôles importants de Piccoli, dont la prestation fut saluée par Godard dans un article et qui est pourtant bien loin de la subtilité qu'on lui connaîtra plus tard. Le « moi aussi Paul » que lui lance Lucie (Danik Patisson) sera repris dans Le Mépris dans la bouche de BB. Mais c’est surtout Bella Darvi en Cri-Cri qui magnétise le film par son extraordinaire beauté. L’intrigue est assez prenante et réserve plusieurs surprises. Si l’arc amoureux constitue le point faible du film, le personnage interprété par Piccoli, ambigu jusqu’à sa posture sacrificielle finale, est intéressant. Un polar qui mérite assurément une meilleure reconnaissance dans l’histoire du genre.
dimanche 18 janvier 2026
mardi 13 janvier 2026
Nicholas Ray, Wind Across the Everglades, 1958
vendredi 17 octobre 2025
Orson Welles, La soif du mal, 1958
Le film de Welles est une succession de séquences — dont certaines, notamment la séquence inaugurale, jouissent d’une forte réputation —, liées par un scénario un peu lache. Le ton du film oscille entre la tragédie et le grotesque, le jeu des acteurs entre le naturalisme et l’outrance. Plus généralement, on sent un volonté de faire shakespearien en mêlant bouffonnerie et tragédie — très démonstrative. La photographie en noir et blanc est contrastée, les décors superbes, les thématiques multiples (frontière, nord sud, attentat, drogue, couple interethnique, pétrole, etc.). Un grand film shakespearien théorique raté.
dimanche 9 février 2025
Kon Ichikawa, Le pavillon d’or, 1958
Pourquoi le jeune novice Mizoguchi a-t-il incendié le pavillon d’or ? Handicap, humiliation, trahison, honte, fantasme de la pureté, désir de sacralisation, icônes déstatufiées. Un film très riche, d’une grande beauté plastique et sonore, et un des grands films de Kon Ichikawa.
vendredi 3 novembre 2023
Roy Ward Baker, A Night to Remember, 1958
La proximité entre le moment de tournage et l'époque qu'il raconte, fournit l'illusion d'une capacité à en mieux saisir l'atmosphère, la technique, comme si flottait encore quelque chose de l'air du temps.
A Night to Remember a été tourné dans les années 50, avec des maquettes. C’est un très beau film catastrophe spectaculaire (et qui tient parfaitement le coup après le monstre de James Cameron).
dimanche 23 juillet 2023
Jean-Paul Le Chanois, Les misérables, 1958
Le film condense dans ses grandes lignes l’intrigue du roman de Victor Hugo, dans une chronologie parfois différente. De nombreux éléments du roman disparaissent (la digression sur Waterloo) mais aussi un épisode pourtant très cinématographique, l'éléphant de la Bastille. Il y a aussi des modifications de scènes emblématiques comme celle de la pièce volée. L'aspect feuilletonesque du roman (le suspense) n'est pas retranscrit. La photographie en extérieur est assez belle, et il y a quelques plans intéressants (Cosette et le seau d’eau), mais on pouvait espérer de la distribution (Gabin/Jean Valjean, Bourvil/Thénardier et Blier/Javert) et du matériau de départ autre chose que cette honnête mais soporifique adaptation, mal rythmée et scolaire. Aucune des scènes mythiques du roman (la scène de la barricade, la mort de Gavroche, les égouts) n'est vraiment incarnée. L’adaptation de Raymond Bernard, 1933 est beaucoup plus intéressante.
vendredi 16 juin 2023
Clément Duhour, La vie à deux, 1958
Comédie à sketchs utilisant des intrigues de Sacha Guitry mort l’année précédente, cohérés par un fil narratif : le testament d’un auteur léguant sa fortune aux personnages ayant inspiré certaines de ses œuvres à la condition qu’ils soient heureux. Les dialogues de Guitry et la distribution (Pierre Brasseur, de Funès, Pierre Mondy, Jean Marais, Fernandel, Gérard Philippe) ne suffisent pas à sauver ce film.
dimanche 13 juin 2021
Nathan Jura, Le septième voyage de Sindbad, 1958
Énième visionnage. Un immense film d'aventure, les effets spéciaux (la Dynamation) de Ray Harryhausen et la musique sublime de Bernard Herrmann
https://youtube.com/clip/Ugkx0VXVYV5dlqY7AdEupOuU_P87Fnfq20hO
jeudi 6 mai 2021
Akira Kurosawa, La forteresse cachée, 1958
Film d’aventures à fort capital de sympathie. On y suit un groupe constitué de deux villageois un peu idiots, d’un samouraï et d’une princesse qui convoyent le trésor qu’ils ont trouvé. De nombreux éléments du film sont marquants : le comique des deux villageois, la vallée de pierres, les pierres qui tombent, la jolie princesse en short dynamique, la scène de combustion par les villageois, la mare avec l’or — cette dernière rappelle le marais de Yoda. Le film a été présenté par George Lucas comme l’une des sources d'inspiration de Star Wars. La musique du film aussi évoque celle de Star Wars, et un mouvement des bras de la princesse rappelle C-3PO. Un film décontracté de Kurosawa, qui n’a pas la réputation de ses films portés par des dispositifs plus conceptuels ou plus spectaculaires, comme Les 7 Samouraïs ou Rashomon, mais qui n’a pas vieilli.
Hamnet, 2025
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