lundi 23 février 2026

Sainte Marie aux mines

Enquête policière qui dévie vers autre chose. Le film est inégal : le duo de flics est plutôt réussi, comme la typicité de l’ensemble des personnages ; les intermèdes canins autoroutiers sont très drôles, et la carte postale alsacienne est une suspension dans la modernité bienvenue, tout comme l’ambiance cosy des intérieurs et un certain esprit de bonne vivance. Mais des séquences sont plus faibles, des traits un peu forcés, comme cette volonté de melting pot à hauteur de la France (Belgique, Maghreb, Perpignan et Alsace) et cette fin qui force plus que nécessaire le caractère des personnages pas si marqué que ça dans le récit. Le film évoque C’est arrivé près de chez vous en plus tendre.​​​​​​​​​​​​​​​​

mercredi 18 février 2026

New York, années 50, les tribulations d’un athlète showman, arnaqueur, arriviste mais finalement au cœur tendre. Le film est passionnant mais souffre d’une construction touffue, curieusement dépourvue de réelle aspérité. Les scènes de match sont les plus captivantes.

vendredi 13 février 2026

Sam Raimi, Send Help, 2026

Cette comédie horrifique d’aventure, sur fond d’inversion de pouvoir entre l’entreprise et l’île sauvage, a la particularité de ne proposer aucun motif original, tout en ne dévoilant jamais vraiment où va le récit. Une robinsonnade sans beaucoup d’intérêt, mais assez sympathique.

jeudi 12 février 2026

Louis Daquin, Le voyageur de la Toussaint, 1942

Un jeune homme débarque dans une ville portuaire, apprend qu’il hérite de son oncle et qu’il y a un secret caché dans un coffre dont il faut découvrir le code. Le film vaut surtout pour son ambiance et parce qu’il annonce le cinéma de Chabrol plutôt que pour son enquête ou ses personnages. Un des premiers rôles de Reggiani.

lundi 2 février 2026

Baise en ville

Le début du film laisse espérer une sorte Viens pas chez moi, j’habite chez mes parents, acidulé. Mais La singularité s’estompe très vite pour faire place à une histoire de presque rien sans récit. Ça ressemble plus à des épisodes de série télé mis bout à bout. Restent quelques images : le dernier plan et une certaine mélancolie de la banlieue. 

dimanche 1 février 2026

Gourou

Un homme en passe d’être destitué fait tout son possible pour rester au sommet. Thriller soporifique mal écrit, un ratage total.

mercredi 28 janvier 2026

Don Siegel, The Killers

 Découpé en quatre parties (le prologue, les voitures, le casse et la traque), un très élégant film de genre avec Lee Marvin, Ronald Reagan, Cassavetes et Angie Dickinson, dont l’extraordinaire beauté ne cesse de subjuguer.

Jacques Tourneur, La féline, 1942

La beauté plastique, photographique, de ce film, la modernité de ses plans, la construction de ses séquences ne cessent de subjuguer. Trois séquences : le mur, la piscine, l'atelier sont des merveilles.

samedi 24 janvier 2026

Hamnet, 2025

Une sorcière en lien avec la nature et les éléments épouse un gantier. Ils ont une fille puis des jumeaux. Lui part travailler à Londres, elle élève seule les enfants. L’un des jumeaux meurt en son absence. Il écrit une pièce pour faire son deuil.

Cette fiction réinvente la genèse d’Hamlet en recentrant le récit sur la femme de Shakespeare, réduite à deux archétypes : la sorcière bienveillante et la mère sacrifiée. Pendant que l’artiste égoïste bâtit son œuvre à Londres, elle souffre seule. Le film s’achève sur une réconciliation : l’homme a fait son deuil par l’art, la femme peut enfin être soulagée.

Rien de shakespearien dans ce récit. Une tentative de replacer la femme à sa juste place qui dessert son propos. Les bonnes intentions ne font pas de bons films. Le pire : ce mélo larmoyant suscite si peu d’émotion.

Restent une picturalité remarquable et l’excellente musique de Max Richter.

lundi 19 janvier 2026

Fritz Lang, The big Heat, 1953

Un flic destitué cherche à venger la mort de sa femme assassinée par des truands. Un film fluide sur la violence et la cruauté qui commence presque comme un soap opera et se déploie peu à peu vers le film noir. Le film n’a pas l’inventivité formelle des réalisations de Lang entre la fin des années 20 et les années 30, mais il témoigne d’une remarquable capacité à adapter le thriller à une forme américaine. Un excellent film noir.

Paul Sharits, Epileptic Seizure Comparison, 1976

Le film est trop long et a donné tout ce qu'il avait à donner au bout de dix minutes. Par ailleurs, le volet abstrait composé uniquement de clignotements chromatiques et de sons (entre le scratching et la poésie sonore) est plus intéressant que le volet un peu complaisant sur l'iconographie de la douleur.

L’affaire Bojarski, 2025

Un divertissement grand public sur la vie d’un faussaire de génie. Reda Kate, Sara Giraudeau, Grégoire Bouillon et lopin font le job, la réalisation est correct sans éclat. On aurait pu espérer d’un tel destin un film avec une autre ampleur

dimanche 18 janvier 2026

Kleber Mendonça Filho, L’agent secret, 2025

Un homme qui cherche à retrouver des traces de sa mère est traqué et vit dans une sorte de maison pour réfugiés.

Certains éléments scénaristiques ne sont pas résolus au terme du film, et l’ensemble n’est pas parfait, mais L’Agent secret possède bien des qualités. La reconstitution du Brésil de 1977 est remarquable. Le film commence comme un film de genre plutôt drôle pour glisser peu à peu vers le thriller. C’est ample, ambitieux, politique, profondément brésilien — et captivant.

Pierre Chenal, Rafles sur la ville, 1958

Le tout début du film — une évasion, un malfrat, des flics, les toits de Paris la nuit et du jazz — est parfait. La suite continuera de composer une certaine mythologie de Paris : night-clubs, danseuses sexy, flics pas nets, Pigalle. Le film rappelle d'autres polars français des années 50, dont deux sont déjà des adaptations du Breton : Razzia sur la chnouf et Du rififi chez les hommes, ainsi que Bob le flambeur. C'est l'un des premiers rôles importants de Piccoli, dont la prestation fut saluée par Godard dans un article et qui est pourtant bien loin de la subtilité qu'on lui connaîtra plus tard. Le « moi aussi Paul » que lui lance Lucie (Danik Patisson) sera repris dans Le Mépris dans la bouche de BB. Mais c’est surtout Bella Darvi en Cri-Cri qui magnétise le film par son extraordinaire beauté. L’intrigue est assez prenante et réserve plusieurs surprises. Si l’arc amoureux constitue le point faible du film, le personnage interprété par Piccoli, ambigu jusqu’à sa posture sacrificielle finale, est intéressant. Un polar qui mérite assurément une meilleure reconnaissance dans l’histoire du genre.​​​​​​​​​​​​​​​​

vendredi 16 janvier 2026

Sang-il Lee, Le maître du kabuki, 2025

Le film couvre une période de soixante ans — et seulement deux acteurs par personnage. L’ensemble n’est pas déplaisant, et certaines scènes sont assez réussies, davantage dans la reconstitution du kabuki que dans la structuration dramatique. Mais le récit, à vouloir traiter de nombreux thèmes — yakuza, kabuki, filiation non biologique, rivalité fraternelle, gloire et déchéance — dans un ensemble de séquences espacées, échoue totalement à créer une quelconque ampleur romanesque.

mercredi 14 janvier 2026

Sho Miyake, Jusqu’à l’aube, 2025

Deux collègues dans une petite entreprise qui fabrique des globes pour enfants, l’un souffre de crises de panique et l’autre du SPM. Ce qui s’annonce comme une comédie romantique dérive vers autre chose : l’amitié et l’entraide. Un film sur presque rien, fragile, ténu ; un peu inégal mais quelques scènes sont très justes. La mélodie répétée appuie inutilement la délicatesse voulue du film.

Paul Feig, La femme de ménage, 2025

Vendu comme un livre/un film à twist, il suscite une légitime attente — qui ne sera jamais comblée. Toute la première partie est soporifique, le retournement de situation est gros comme une maison et le film ne contient aucune tension ; seule la fin est légèrement amusante. Pour qu’un twist fonctionne, il faut que la construction narrative soit imparable ou la réalisation remarquable, or La femme de ménage n’affiche aucune autre ambition que d’être un téléfilm bas de gamme, grotesque et sans crédibilité narrative. Son succès s’explique probablement par le fait qu’il recycle, sous des atours de thriller post-me too, le conte de princesse, cette fois vengeresse, et qui finit par empocher le chèque.

mardi 13 janvier 2026

Nicholas Ray, Wind Across the Everglades, 1958

Du plaidoyer écologiste au documentaire sur les marais, en passant par le western et la romance, pour finir par la dérive d’un homme confronté à la cruauté de la nature, il y a dans la construction du film une hésitation entre l’audace et l’assemblage hasardeux. La photographie en Technicolor est sublime (pellicule 35 mm), certains plans sur les marais, le bateau de la vendeuse de melons ou les saloons sont très beaux, mais l’ensemble échoue par sa maladresse structurelle. Un des premiers rôles très secondaires de Peter Falk. Entre le coup de génie visionnaire et le ratage.

samedi 10 janvier 2026

The lost bus, 2024

Une journée éprouvante pour Matthew McConaughey, chauffeur de bus, et à qui les dernières semaines n’avaient déjà pas souri. La dramaturgie n’est pas captivante mais parvient sans autre événement spectaculaire que cet incendie à fournir un cadre narratif suffisant, la photographie est belle et les effets spéciaux remarquables et la réalisation est excellente, un film catastrophe, brûlant. Une sorte de spectaculaire non spectaculaire.

Sainte Marie aux mines

Enquête policière qui dévie vers autre chose. Le film est inégal : le duo de flics est plutôt réussi, comme la typicité de l’ensemble des pe...