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dimanche 18 janvier 2026

Kleber Mendonça Filho, L’agent secret, 2025

Un homme qui cherche à retrouver des traces de sa mère est traqué et vit dans une sorte de maison pour réfugiés.

Certains éléments scénaristiques ne sont pas résolus au terme du film, et l’ensemble n’est pas parfait, mais L’Agent secret possède bien des qualités. La reconstitution du Brésil de 1977 est remarquable. Le film commence comme un film de genre plutôt drôle pour glisser peu à peu vers le thriller. C’est ample, ambitieux, politique, profondément brésilien — et captivant.

vendredi 16 janvier 2026

Sang-il Lee, Le maître du kabuki, 2025

Le film couvre une période de soixante ans — et seulement deux acteurs par personnage. L’ensemble n’est pas déplaisant, et certaines scènes sont assez réussies, davantage dans la reconstitution du kabuki que dans la structuration dramatique. Mais le récit, à vouloir traiter de nombreux thèmes — yakuza, kabuki, filiation non biologique, rivalité fraternelle, gloire et déchéance — dans un ensemble de séquences espacées, échoue totalement à créer une quelconque ampleur romanesque.

mercredi 14 janvier 2026

Sho Miyake, Jusqu’à l’aube, 2025

Deux collègues dans une petite entreprise qui fabrique des globes pour enfants, l’un souffre de crises de panique et l’autre du SPM. Ce qui s’annonce comme une comédie romantique dérive vers autre chose : l’amitié et l’entraide. Un film sur presque rien, fragile, ténu ; un peu inégal mais quelques scènes sont très justes. La mélodie répétée appuie inutilement la délicatesse voulue du film.

Paul Feig, La femme de ménage, 2025

Vendu comme un livre/un film à twist, il suscite une légitime attente — qui ne sera jamais comblée. Toute la première partie est soporifique, le retournement de situation est gros comme une maison et le film ne contient aucune tension ; seule la fin est légèrement amusante. Pour qu’un twist fonctionne, il faut que la construction narrative soit imparable ou la réalisation remarquable, or La femme de ménage n’affiche aucune autre ambition que d’être un téléfilm bas de gamme, grotesque et sans crédibilité narrative. Son succès s’explique probablement par le fait qu’il recycle, sous des atours de thriller post-me too, le conte de princesse, cette fois vengeresse, et qui finit par empocher le chèque.

mercredi 17 décembre 2025

Rebecca Zlotowski, Vie privée, 2025

Une psychiatre, soupçonnant l’une de ses patientes d’avoir été assassinée, mène l’enquête. Récit de réconciliation familiale, amoureuse et filiale, cette comédie légère emprunte bien des sentiers. La réalisation est plutôt exigeante, et l’on croise quelques silhouettes : Frederick Wiseman, Aurore Clément, Sophie Letourneur, clins d’œil à un certain cinéma dont le film se tient pourtant à distance. Sous ses atours transgénériques, citationnels, il ne satisfait qu’un certain état d’âme de classe : appartement bourgeois cosy, neige au dehors. Totalement vain, il pose cependant une question : qu’est-ce qui peut bien motiver l’entreprise d’un tel film ?

samedi 13 décembre 2025

Bi Gan, Resurrection, 2025

Le film s’ouvre sur une salle, un décor, une pellicule, une citation de L’Arroseur arrosé : annonce d’un film méta. Suivent les incarnations d’un même personnage, le révoleur, dans diverses séquences : la prison, le temple, l’arnaqueur, l’amoureux et la vampire.


Dans la troisième partie est révélée l’astuce, si décevante, qui permet à un enfant de deviner une carte lors d’un tour : dédouanement et aveu de l’esbroufe du film. Le dernier segment — les docks et le karaoké —, avec son plan-séquence, est la seule partie qui propose quelques images.


Sorte de Sullivan’s Travels chinois du XXIᵉ siècle, ce film abscons et prétentieux, visuellement affreux, use d’analogies lourdes et lorgne davantage vers Cloud Atlas que vers les Histoire(s) du cinéma. Il confirme, après Sirât et Un simple accident, l’aveuglement du jury de Cannes 2025, qui confond le cinéma avec une idée de la morale. Résurrection ne produit aucune renaissance, mais s’aligne sur les images de l’IA — ce qui constitue sans doute une manière d’être contemporain.

jeudi 23 octobre 2025

Alexandre Astier, Kamelott 2, 2025

Le film ne parvient pas à créer l’ampleur, le caractère épique qu’une telle aventure requiert.

Plus généralement il soufre de faiblesses techniques dans : sa mise en scène, ses cadrages, ses prises de vue et sa direction d’acteurs.

Par ailleurs, certains arcs narratifs — celui de Lancelot en particulier — n’ont aucun intérêt et interrogent la pertinence du recours à ce type d’effets spéciaux (ce budget) dans un tel cadre.

Le film peine à faire cohabiter ses registres hétérogènes : scènettes comiques d’inspiration télévisuelle, quête, drame, mythe.

Une forme d’amateurisme dans la réalisation. Astier est un réalisateur de sketchs télé, pas de cinéma (ou de dessinés animés, ses deux Astérix ne présentaient pas ces défauts).

Cela dit, passée la première heure laborieuse, éprouvante, gênante, on peut, peu à peu, se laisser prendre au rythme étrange de ce navet.

mardi 21 octobre 2025

Jan Kounen, L’homme qui rétrécit, 2025

Fallait-il refaire une adaptation du roman de Richard Matheson et du film de Jack Arnold ? La perception des phénomènes physiques a bien changé en soixante-dix ans, et la naïveté du propos original s’accordait à ses effets spéciaux.

Le film de Jan Kounen n’est pas vraiment un film d’aventures : il parle d’un homme qui s’éloigne — des siens, de la société, du monde — et qui est confronté à l’extrême solitude. Il y a une vraie dimension tragique, déjà présente dans le film d’Arnold. Le film joue sur plusieurs registres : la robinsonnade, le survival ; la séquence de la maison de poupée semble adapter un épisode de La Quatrième Dimension, tandis que la scène de l’aquarium est un hommage à Méliès.

Les scènes d’affrontement, de gigantisme insectes sont intéressantes pour ce qu’elles nous rapprochent d’une forme de perception (anthropocentrée) des bêtes minuscules , celà dit je me serais sans doute mieux satisfait d'un film d’aventures bourrin sur fond vert, que de cet entre-deux.

dimanche 19 octobre 2025

Radu Jude, Dracula, 2025

Variations, suite de sketchs, autour de la figure de Dracula, et de l’empalement, du godemiché et du pénis. Une partie des séquences sont des films de genre assez kitsch et bas de gamme dans leur production (tous les effets spéciaux « spectaculaires » sont confiés à l’IA). Certains segments se rattachent au forceps à l’ensemble, et sans proposer quelque chose de vraiment décalé. Le film dure presque trois heures : c’est parfois lourd, navrant, décousu mais, comme toujours chez Radu Jude, c’est un cinéma stimulant, qui donne envie de faire des films.

samedi 18 octobre 2025

Kristen Stewart, Chronology of water, 2025

Une jeune fille, nageuse est abusée par son père, elle se marie, accouche d’un enfant mort-né, puis devient écrivain. Il y a une belle maîtrise du montage et du son. Mais ce premier essai, tourné en pellicule, ne s’affranchit pas d’un certain dolorisme romantico-arty, à la fois adolescent et caricatural (Kim Gordon en maîtresse BDSM).

mercredi 15 octobre 2025

Cédric Jimenez, Chien 51, 2025

Chien 51 part de l’idée la plus simpliste et la plus rabâchée qui soit sur l’intelligence artificielle — impossible de faire moins inventif. À partir de cet archétype, le film rate absolument tout : la représentation du Paris futuriste, les scènes de reformulation des crimes, les personnages, l’intrigue et même ses scènes d’action. Tout y est étriqué, gênant (le karaoké, la scène finale). Une sorte d’épisode de Dark Angel — mais bâclé, vieillot et sans intérêt.

dimanche 12 octobre 2025

Vinciane Millereau, C’était mieux demain, 2025

Un couple caricatural des années 50 propulsé aujourd'hui et confronté au progrès et donc à sa propre remise en cause. Mal écrit et sans rythme. Une énième comédie française fainéante reposant sur un grand acteur  comique (Didier Bourdon) ayant abandonné toute ambition depuis plus de 30 ans. Comment peut-on passer des chefs d'œuvre des Inconnus à ça ?

Le moins bon (Stephanie de Monaco) y côtoyait le meilleur (Cinéma Cinémas, Avis de recheche, etc.) mais ça fonctionnait toujours plus ou moins parce que ça reposait sur le pastiche, sur quelque chose de préexistant. Bourdon était sans douter un pasticheur de génie, plus qu'un grand acteur.


samedi 11 octobre 2025

Joachim Rønning, Tron: Ares, 2025

Un long clip de NIN avec des super héros à moto très rapide et des traînées numériques rouge orange. Il y avait pourtant beaucoup à faire de ce va et vient entre numérisation du réel et réalisation du numérique.

jeudi 9 octobre 2025

Vasílis Kekátos, Nos jours sauvages, 2025

Robins des bois tatoués, en camping-car, avec effets d’intensité : musique pompière qui monte, soleil et hurlements lupins.

mercredi 8 octobre 2025

Richard Linklater, Nouvelle vague, 2025

Le tournage d’À bout de souffle, filmé de la même manière. Biopic cinématographiquement anecdotique et en même temps toujours réjouissant.

mardi 7 octobre 2025

Jafar Panahi, Un simple accident, 2025

Iran. Récit de vengeance puis de pardon. Le dernier plan — une fin en tension, est assez beau. Pour le reste, c'est un film mineur. Une Palme d’or donnée manifestement pour des raisons non cinématographiques.

dimanche 5 octobre 2025

Neo Sora, Happyend, 2025

Un Japon légèrement futuriste, un peu plus sous contrôle, un lycée et une esquisse de révolte. Film sur l'adolescence et le passage à l'âge adulte, dont certaines scènes sont assez réussies, mais l'ensemble un peu plat manque d’aspérité.

samedi 4 octobre 2025

Francis Lawrence, Marche ou crève, 2025

Navet bonhomme qui rate tout : ses dialogues (interminable), ses personnages,  la marche elle-même si mal filmée, la route et ses paysages. Il y avait beaucoup à faire à partir de cette idée, de ce roman de Stephen King et rien n'a été fait.

jeudi 2 octobre 2025

Radu Jude, Kontinental 25, 2025

Une huissière de justice et un sdf delogé — qui se suicide lors de l'intervention. Son mari et ses enfants qui partent en Grèce, elle se retrouve seule avec sa culpabilité et quelques rendez-vous : une amie, sa mère, un ancien élève, un prêtre. Le dispositif : des plans fixes filmes à l’iPhone 15, un aspect brut. Une comédie sans fioriture, assez réussie.

mercredi 1 octobre 2025

Johan Grimonprez, Bande-son pour un coup d’état, 2025

L’indépendance du Congo et l’assassinat de Patrice Lumumba. La CIA, les mines d’uranium, un concert de Louis Armstrong, Khrouchtchev, la famille royale belge. Ce documentaire au montage dense et étourdissant, entremêle le jazz (Max Roach, Duke Ellington, Nina Simone) comme moteur du récit au jazz comme matériau rythmique de composition, et forme d’émancipation formelle — c’est sa force (un poème politique) et sa lacune : évoquant la guerre froide, l’impérialisme et la décolonisation, de rester, pour qui ne connaît pas parfaitement cette histoire, dans une impression dénonciatrice un peu néubuleuse.

Hamnet, 2025

Une sorcière en lien avec la nature et les éléments épouse un gantier. Ils ont une fille puis des jumeaux. Lui part travailler à Londres, el...