Il y a là la tentative de réaliser le biopic d’un philosophe (et spécialement de Wittgenstein), et avec un défaut manifeste de moyens : fond noir, rares éléments de décor, vêtements très colorés. On pourrait saluer une sorte d’essence de la mise en scène, un retour aux origines foraines du cinéma. Mais on peut aussi ne pas s’enchanter devant cet académisme compassé, caricatural. Rien ici ne restitue la puissance poétique des textes de Wittgenstein, dont Jarman propose une lecture personnelle – pour ne pas dire à contre-sens –, un peu comme ces représentations burlesques des pièces de Beckett. Autoportrait par Wittgenstein, navet queer-arty-intello, plus que chant du cygne flamboyant.
dimanche 7 décembre 2025
samedi 6 décembre 2025
Fabrice Éboué, Gérald le conquérant, 2025
vendredi 5 décembre 2025
Reedland, 2025
Les marais, une communauté, le meurtre d’une jeune fille. Polar étrange sur le désir des hommes – dont l’un va s’incarner dans le crime, l’autre se contenir et chercher, dans la dénonciation du premier, une tentative vaine d’exutoire.
Le film lorgne parfois vers le cinéma de Dumont (le Nord).
La photographie et le travail sonore – quelque part entre Francisco López et les drones atmosphériques du cinéma de Lynch – sont magnifiques.
Il y a quelques incongruités scénaristiques (à la limite du fantastique) et certains éléments sont sans doute trop appuyés ou trop ténus (la manière de rétorquer, la vengeance trop faible, le sort réservé au cheval), mais c’est l’un des meilleurs films de l’année, l’un des plus originaux.
mercredi 3 décembre 2025
Gremillon, Gueule d’amour, 1937
mardi 2 décembre 2025
David Mackenzie, Relay, 2025
dimanche 30 novembre 2025
Herzog, Fata morgana, 1971
La réalisation n’est pas à la hauteur de ses images : ses images d’éléments brouillés par la chaleur, en suspension (ont-elles marqué Lucas quand il a fait Star Wars ?), ses travellings et son acte 3 kitsch et inventif. Les parties 1 et 2 sont trop peu distinctes, il y a des images-scories inutiles, et il y a surtout — outre le choix des musiques totalement inadapté — un problème de son, de prise de son, de grain et de beauté de la voix, et de répartition du texte ; ce texte-là devrait nous emporter et il nous laisse constamment en retrait. Par ailleurs film est déplaisant dans sa complaisance à montrer la maltraitance animale. Un grand film raté.
Conversation secrète, 1974
samedi 29 novembre 2025
Hsiao-Hsien Hou, Le jardin de grand-père, 1984
vendredi 28 novembre 2025
La femme la plus riche du monde, 2025
L’interprétation de laurent Lafitte est assez enthousiasmante. Mais cette farce, dépourvue de toute idée de mise en scène est — et malgré son rythme enlevé, ennuyeuse — délitée rapidement, en un interminable fade-out.
jeudi 27 novembre 2025
Ozu, Fin d’automne, 1960
Un film émouvant dont la forme peut sembler moins ostensible que dans d’autres d’Ozu ; mais les ballets fugaces des mollets, les traversées en arrière plan du champ, les mouvements des pipes, sont très beaux. Et ces intérieurs, à ras de tatamis, où se téléscopent des codes sociaux et des cultures, donnent envie de s’y allonger et d’y habiter .
Yórgos Lánthimos, Bugonia, 2025
mardi 25 novembre 2025
Eric Besnard, Jean Valjean, 2025
Il faut du temps pour rentrer dans ce film, théâtral, artificiel, trop déférent vis-à-vis du roman. La partie centrale, dans la carrière de marbre est la plus réussie — la beauté chromatique y est pour beaucoup (c’est le troisième film de l’année après The Brutalist et L’inconnu de la Grande Arche à s’y dérouler partiellement). Des acteurs, c’est Isabelle Carré qui s’en sort le mieux ; l'interprétation de Jean Valjean, taiseux contenu, n'est pas vraiment convainquante et celle de la bonne de l'évêque, catastrophique. Pour le reste, pourquoi avoir choisi cet épisode ? d'autres sont infiniment plus cinématographiques. L’adaptation des Misérables est un genre cinématographique en soi, et un genre difficile.
lundi 24 novembre 2025
Yasujirō Ozu, Bonjour (お早よう, Ohayō), 1959
Commérage, occcidentalisation et début de la société de consommation au Japon dans les années 50.
Alors que des soupçons d’une appropriation des cotisations par la présidente de l’association de quartier (afin de s’acheter une machine à laver) viennent suciter la méfiance chez les commères, deux enfants, agacés des codes sociaux et de ne pas avoir de télévision chez eux, entament une grève de la parole.
Comédie subtile — dont les plans évoquent l’abstraction géométrique et les compositions de Mondrian — au ton tatiesque.
Alain Cuny, L’annonce faite à Marie, 1991
Comment transposer la pièce de Claudel à l’écran. Une composition picturale, sophistiquée des images, une désynchronisation des acteurs et des voix, et des plans intercalaires sur la nature. Un film hors du temps majeur, par un jeune cinéaste de 80 ans.
dimanche 23 novembre 2025
Stéphane Demoustier, L’inconnu de la Grande Arche, 2025
C’est l’histoire d’un projet architectural et d’une intransigeance éprouvés par le politique, l’argent et l’amour. Une belle reconstitution des années 80, mais sans aspérité.
mercredi 19 novembre 2025
Running man, 2025
lundi 17 novembre 2025
Simón Mesa Soto, Un poète, 2025
Un poète, père, vivant encore chez sa propre mère et complaisant, découvre l’œuvre d’une jeune poétesse issue d’un milieu défavorisé. À travers elle, il va tenter de compenser l’échec de sa carrière littéraire et de sa paternité. Un film brut, anti-glamour, naturaliste et assez drôle.
dimanche 16 novembre 2025
Alexe Poukine, Kika, 2025
Hong Sang-Soo, Ce que cette nature te dit, 2025
La maison sur la colline.
Première journée passée avec la belle-famille d’un poète — qui ne répondra pas aux espérances. Le film, brut, fait de plans fixes et de rares zooms, montre avec ironie cette épreuve d’abord présentée avec bienveillance. Très réjouissant dans son analyse des rapports de classe et des protocoles sociaux.
Hamnet, 2025
Une sorcière en lien avec la nature et les éléments épouse un gantier. Ils ont une fille puis des jumeaux. Lui part travailler à Londres, el...
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